Unprêtre accusé de violences envers sa secrétaire paroissiale et maîtresse a écopé mardi d’un rappel à la loi. Le curé officiant dans les Bouches-du-Rhône aurait frappé cette femme dans le presbytère, mais le parquet n’a pas jugé nécessaire qu’un procès ait lieu dans cette affaire où les passions se déchaînent.Un prêtre officiant dans les Bouches-du-Rhône a écopé Danstous les cas, les professionnels du couple expliquent souvent que s'il y a adultère ou envie d'adultère, c'est qu'il y a un manque dans le couple, que seul un (e) autre peut combler. Il est par conséquent évident que le partenaire habituel ne peut pas compléter son conjoint à 100%. monamant hésite entre sa femme et sa maîtresse. femme, maîtresse, celibataire. C. cloee_1218232. 11/05/2004 à 16h27 . Tu ne veux pas qu on te repasse le linge avec ca Tu n aimes ni l une ni l autre. Il n y a que toi que tu aimes dans cette histoire, c est evident. V. J'aime. L. lohic_1276061. 11/05/2004 à 16h32 . C'est possible Tu as raison c'est bien possible 'valsurf' Lhomme reste coincé dans le vagin de sa maîtresse. Ils ne peuvent plus se séparer. Alertés par les cris de la jeune femme, les voisins lui viennent en aide. Les deux amants sont Régiondoloise - Tribunal Il ne sait choisir entre sa femme et sa maîtresse et finit au tribunal Par M. C. - 09 juin 2016 à 05:00 - Temps de lecture : Pour lire la suite, abonnez-vous : Pasde doute, Mercey est une véritable héroïne à 4 pattes. Cette brave chienne a sauvé sa maîtresse, agressée par 4 hommes, dont l'un était armé d'une machette.. Gravement blessée. Mardi, vers 18h30, les 4 individus se sont introduits dans l'appartement de la jeune femme âgée de 30 ans, situé à Edmonton au Canada. SuS9. Que celui qui n'a jamais eu le moindre écart de conduite jette la première pierre. Tous les jours, une femme trompe un homme; un homme, une femme, et parfois, pour mille et une raisons, s'installe une relation. Une relation secrète, en cachette. Une double vie. Officiellement, ils sont ensemble depuis 14 ans. Officieusement? 38. Faites le calcul ils ont donc vécu plus de 20 ans dans le secret, l'illégitimité, mais surtout, l'amour. Récit d'une double vie où la passion a eu le dessus sur la raison. Non, leurs 24 années n'ont pas été de tout repos. Oubliez le long fleuve tranquille. Il y a eu des ruptures, des déchirements, des retrouvailles aussi. Mais toujours, une certitude ils s'aimaient. À la folie. Incapables de se passer l'un de l'autre, même si la raison et la sagesse leur dictaient clairement de se séparer. De s'oublier. On comprend que les deux baby-boomers, bronzés, heureux, visiblement amoureux, aient préféré taire leur identité. Pas parce qu'ils ont honte, tout le contraire. Ni parce qu'ils veulent cacher quoi que ce soit. Mariés depuis cinq ans, ils vivent désormais leur amour au grand jour. Mais pour les enfants. Leurs enfants. Parce qu'ils en ont eu. Et si tout le monde s'entend aujourd'hui, entre les fils de l'ex et la fille de la maîtresse, l'équilibre est encore fragile. D'où l'importance de le protéger. Rencontrés dans leur coquette maisonnette de la Rive-Sud, les deux tourtereaux ont accepté de nous faire le récit - anonyme, donc - de leur double vie. Et c'est avec un plaisir évident qu'ils se remémorent leur première rencontre, leurs premiers émois. Je ne m'attendais pas pantoute à ça!» Il faut dire qu'ils venaient de deux mondes. Deux univers. Deux milieux complètement opposés. Lui un riche homme d'affaires, éduqué, marié, père de deux jeunes enfants. Elle serveuse, célibataire, avec une 7e année. Mais j'ai une belle personnalité!» souligne-t-elle en riant. Ils auraient pu dû ? ne jamais se croiser. Mais lors d'un après-midi de golf où monsieur jouait, madame travaillait tout naïvement, ils se sont mis à jaser. Et ça a cliqué. Ça a fini dans un bar, à 5 heures du matin...» Non, madame ne savait pas que monsieur était marié. Comment aurait-elle pu deviner? Au deuxième rendez-vous, il a fini par tout lui avouer. J'étais très déçue», se rappelle-t-elle. Elle se souvient d'avoir tout garroché» à table est-ce que la bouteille était tombée par terre?», mais le mal était fait. Je savais que j'étais déjà embarquée...» Amoureuse, par-dessus le marché. Quelques semaines plus tard, coup de théâtre. Alors qu'elle croyait ne jamais être capable d'avoir d'enfant, verdict de médecin, madame tombe enceinte. J'étais la plus heureuse du monde! Je voulais tellement avoir un enfant!» Non, monsieur n'a jamais, le moindre instant, songé ici quitter sa femme pour sa maîtresse. Jamais. Même s'il l'appelait tous les jours, même s'ils se voyaient plusieurs fois par semaine en prenant soin d'éviter sa Rive-Sud, privilégiant Montréal et Laval, en prétextant des rendez-vous tardifs, boulot oblige, le divorce ne lui est jamais passé par la tête». J'avais une femme, deux enfants, une vie bien remplie. [...] Je ne me posais pas trop de questions, mais je savais que je ne pouvais pas me passer d'elle.» Et il ne se le cache pas monsieur avait ici le meilleur des deux mondes. Absolument», reconnaît-il. Et moi, je me serais sentie coupable s'il avait quitté sa femme. Ça faisait mon affaire, aussi, d'être libre...» Alors oui, pendant longtemps, je les ai aimées les deux», reprend monsieur. Même si, de toute évidence, la connexion sexuelle était très forte avec sa maîtresse, beaucoup, oui, beaucoup», conviennent-ils en pouffant comme des enfants. Du coup, monsieur a vécu la double vie», se comportant en bon père de famille le genre de papa qui coache l'équipe de hockey de son gars, tout en assistant, en parallèle, à l'accouchement de sa maîtresse, au baptême de sa fille, même à sa première communion. Mais la relation a été tumultueuse. Contexte oblige. Plusieurs fois, ils se sont quittés. Pour mieux se retrouver. Si ça n'avait pas été de la petite, probablement qu'on n'aurait pas fini ensemble. Mais la petite a toujours été là. Et ça nous a rapprochés...», souligne monsieur. Évidemment ça devait arriver, sa femme a, un jour, tout compris l'existence d'une deuxième» femme, d'un autre enfant, d'une deuxième vie, quoi. Et même si ça a bardé», monsieur est resté. À un détail cocasse près s'il est resté chez sa femme, il y a accueilli, en prime, sa fille. Oui, la fille de l'autre. Sa mère, la maîtresse, est partie vivre sa vie dans son Nouveau-Brunswick natal. Deux ans, il a vécu ainsi avec ses fils et sa fille, toute la gang sous le même toit. Non, ça n'était pas nécessairement toujours l'harmonie, mais ça a permis de tisser des liens. La preuve aujourd'hui, sa fille et ses fils ont une belle complicité». Avec ses frères, c'est merveilleux», dit même madame. Et puis, un beau jour, monsieur a fini par se rendre compte qu'il n'était plus heureux. Je n'étais pas bien. Pantoute. Ça a été une période vraiment pas l'fun...» Sa femme a fini par le mettre dehors - ou est-ce lui qui a proposé de partir? Peu importe. Toujours est-il qu'il est allé directement chez sa maîtresse la meilleure décision de ma vie!» et qu'ils ne se sont plus jamais quittés depuis. Mais moi, je n'étais pas prête! J'ai capoté ben raide.» Les deux pouffent, se souvenant de leurs premiers moments ensemble en toute légitimité. Et puis, il y a cinq ans, les deux amoureux se sont mariés. Avec deux témoins de choix un fils d'un côté, une fille de l'autre. J'ai toujours su que c'était lui. Je me suis toujours dit à 50 ans, je vais être avec un homme et il va me faire rire. Et c'est à 50 ans qu'on a finalement été ensemble.» Dans la nuit du 9 au 10 octobre 1683, un étrange ballet s’opère dans la chapelle du Château de Versailles. Le Roi Louis XIV et Madame de Maintenon célèbrent leur mariage dans le plus grand des secrets. Quelle revanche sur la vie pour cette fille de voyou, devenue gouvernante des enfants du Roi puis son épouse. Mme de Maintenon, longtemps restée dans l’ombre, est devenue une figure aussi mystérieuse que célèbre. Revenons ensemble sur la vie hors du commun de Françoise d’Aubigné, Madame de Maintenon, dernière épouse de Louis XIV. L’enfance troublée de Françoise d’Aubigné, future Madame de Maintenon Françoise d’Aubigné, fille et petite-fille de brigands Françoise d’Aubigné voit le jour derrière les barreaux de la prison de Niort. C’est la fille de Constant d’Aubigné et la petite-fille d’Agrippa d’Aubigné. Ce dernier, poète et célèbre figure des guerres de religion, est renommé pour sa personnalité rebelle. Son fils, Constant d’Aubigné, est de la même trempe. Cette personnalité débauchée passe une grande partie de sa vie derrière les barreaux. C’est d’ailleurs en prison qu’il rencontre sa future femme. Emprisonné au Château Trompette à Bordeaux, il séduit une belle jeune femme, Jeanne de Cardhilhac, qui n’est autre que la fille du Gouverneur. Comme il l’a prise, le Gouverneur exige de Constant qu’il épouse sa fille. A la suite à ce mariage, Jeanne donne rapidement naissance un fils. S’en suit la naissance d’une fille, Françoise d’Aubigné, qui voit le jour le 27 novembre 1635. Jeanne, plus soucieuse de suivre son époux de prison en prison que d’éduquer ses enfants, confie sa fille à une tante. Madame de Villette, de religion protestante, élève Françoise dans la doctrine calviniste. Françoise restera plusieurs dans un château provincial. En 1645 le père de Françoise d’Aubigné, devenu gouverneur d’une des Antilles, emmène toute sa famille en Martinique. Les affaires sont florissantes, il acquiert alors une très grande fortune. Mais chassez le naturel, il revient vite au galop. Constant d’Aubigné perd toute sa fortune dans les jeux d’argent, laissant sa famille sans aucune ressource. Son épouse Jeanne revient en France avec ses enfants, et confie une nouvelle fois sa fille Françoise à Madame de Villette. Madame de Neuillant, sa marraine, ne supporte pas de voir sa filleule laissée de côté dans un petit château provincial. Elle obtient l’autorisation directement de la Reine-Mère Anne d’Autriche pour élever l’enfant. La vie avec sa marraine n’est pour autant pas celle escomptée. Mme de Maintenon dira de cette période Chez Mme de Neuillant, je n’avais que des sabots et gardais les dindons Entre spiritualité et haute société Lorsque Françoise d’Aubigné atteint sa quinzième année, sa mère Jeanne, en bonne catholique, décide de la mettre au couvent. Elle est accueillie gracieusement chez les Ursulines du Faubourg Saint Jacques. C’est à cette période que la future Madame de Maintenon développera son goût pour la spiritualité et la religion. Sa marraine, fière de l’évolution de sa filleule, l’emmène à Paris de salon en salon, à la rencontre d’intellectuels et poètes. Françoise d’Aubigné fait une entrée timide dans la haute société. Elle découvre un monde qu’elle ne soupçonnait pas, et dans lequel elle se plaît à évoluer. Elle fait la rencontre de femmes et d’hommes intellectuels. On peut notamment citer Ninon de Lenclos, femme de lettres et d’esprit. Une amitié naît entre les deux femmes. Pour la petite anecdote, cette amitié est mise à mal à cause de Louis de Mornay, Marquis de Villarceaux. Entretenant alors une relation avec Ninon de Lenclos, le propriétaire du Domaine de Villarceaux jette son dévolu sur Françoise d’Aubigné, alors âgée de 16 ans. Aucune source n’atteste si Françoise a cédé à ce grand séducteur. On peut tout de même trouver un tableau de l’adolescente dans le Château du Domaine de Villarceaux. Peint par Louis de Mornay lui-même, ce tableau représente la future épouse de Louis XIV en tenue très légère. Un portrait de Mme de Maintenon que l’on n’a pas l’habitude de voir. Françoise d’Aubigné devient Madame Scarron Âgée de 17 ans, Françoise d’Aubigné a l’opportunité de choisir entre le mariage ou entrer dans les ordres. Ambitieuse, ayant pris goût aux salons, il n’est pas question pour la future Madame de Maintenon de vivre recluse. Elle choisit le mariage. Le chanceux n’est autre que Paul Scarron, de 22 ans son aîné. Fils et petit-fils de Conseiller au Parlement, cousin de la Maréchal d’Aumont et neveu d’évêque, Paul Scarron fait partie de la société élégante. Vif d’esprit, Paul Scarron compense son état de santé. L’auteur dramatique a perdu l’usage de ses jambes et se déplace toute la journée en fauteuil roulant. Poète burlesque, romancier et savant, il reçoit à deux pas de son hôtel l’hôtel de l’impécuniosité », la haute société qui aime l’écouter. Devenue Madame Scarron, Françoise est une femme ambitieuse, pourvue de solides atouts indispensables pour se faire accepter. Elle est belle, joyeuse, pleine d’esprit et vertueuse. Elle avait de la grâce et de bonnes manières, de la dignité. La nouvelle Madame Scarron s’intègre très rapidement à cette société et se constitue un cercle intime. 8 ans après leur mariage, Paul Scarron décède et laisse son épouse de 25 ans sans héritage. Françoise d’Aubigné peut alors compter sur son cercle intime pour continuer à vivre dignement. La Veuve Scarron continue de fréquenter les salons. Madame de Sévigné se prend d’amitié pour elle et apprécie son esprit merveilleusement droit ». Paul Scarron d’après_Lix De la veuve Scarron à gouvernante des enfants illégitimes de Louis XIV La rencontre avec la Marquise de Montespan Un de ses salons favoris, l’Hôtel l’Albret, où les Montespan se rendaient régulièrement. La Marquise de Montespan, grande favorite du Roi Louis XIV, se prend d’amitié pour elle. A telle point qu’elle souhaite la nommer gouvernante des bâtards qu’elle a eu avec Louis XIV. Cette femme pieuse et d’esprit fascine Athénaïs de Montespan. Mais comme l’évoque Madame de Sévigné, la dernière épouse de Louis XIV veut bien être au père, mais non à la mère ». Madame de Maintenon ne souhaite pas élever les enfants de Madame de Montespan, mais ceux du Roi de France. Elle exige donc que la demande vienne de Louis XIV, et non pas de la maîtresse du Roi. Cette exigence est une grande source de conflit entre les deux femmes. Madame de Montespan aime à ordonner, ce qui n’est pas du goût de Françoise. C’est ici que les destins de la future Madame de Maintenon et Louis XIV se croisent. Mais les débuts ne sont pas au beau fixe entre eux. Louis XIV ne l’apprécie guère. Mme de Maintenon dira Le Roi ne me goûtait pas et d’abord, il eut assez longtemps de l’éloignement pour moi ; il me craignait sur le pied de bel esprit, s’imaginant que j’étais une personne difficile qui n’aimait que les choses sublimes Madame de Maintenon et les enfants illégitimes de Mme de Montespan et Louis XIV Par antoine capeil collection privee ©FineArtImages / Leemage Françoise d’Aubigné évolue dans la haute société Ses débuts en tant que gouvernante se font en toute discrétion, loin des regards de la Cour. Son ambition de s’élever dans la société et son enfance malheureuse, poussent Françoise Scarron à s’impliquer dans l’éducation des enfants du Roi dont elle a la charge. Ce qui l’amène à être fort bien récompensée pour son travail. La veuve Scarron possède dorénavant des chevaux, un carrosse, et tout ce qu’il faut pour son habillement. Son statut au sein de la société évolue lorsque les enfants de la Montespan sont légitimés par Louis XIV. Françoise d’Aubigné est maintenant admise à Saint Germain en Laye, au sein de la Cour. Elle est traitée avec distinction et recevra 250 000 livres de la part du Roi pour ses bons services. Avec cette somme, elle fait l’acquisition de la terre de Maintenon, et en prendre le titre. Le Château de Maintenon permet à la veuve Scarron de s’élever socialement, dans cette France de l’Ancien Régime. En février 1675, Françoise d’Aubigné est officiellement et publiquement nommée Madame de Maintenon » par le Roi Louis XIV. La fille de brigand devient Marquise de Maintenon. © La Veuve Scarron devient Marquise, Madame de Maintenon C’est au même moment que Louis XIV découvre l’esprit agréable de Madame de Maintenon. La répulsion des débuts laisse place à une attraction. Cette attirance du Roi est sans doute attisée du fait que la Marquise lui résiste. Les colères à répétition de sa favorite, la Marquise de Montespan, le pousse à se rapprocher de Madame de Maintenon, sa future épouse. Il aime passer des moments avec Françoise. Mme de Maintenon rassure, apaise, conseille. Au côté de Madame de Maintenon, Louis XIV se découvre en tant qu’homme. La rupture avec Athénaïs de Montespan est inévitable. En 1680, la Montespan perd officiellement son titre de Favorite de Louis XIV. Quant à Madame de Maintenon, elle reçoit la nouvelle charge de seconde dame d’atour » de la Dauphine, elle intègre ainsi la Cour de France. Son rang s’élève encore un peu plus dans la société. Même si l’attraction est évidente entre les deux amants, Madame de Maintenon pousse son Souverain à se réconcilier avec Marie-Thérèse d’Autriche, épouse de Louis XIV. Pendant 3 ans, le Roi-Soleil est plein d’attentions épouse son épouse, qui vit les plus belles années de sa vie. Mais elle décède subitement en juillet 1683. Après la perte de sa femme, un cas de conscience s’impose à Louis XIV. Il n’a que 45 ans, il est tout à fait en âge de se marier à nouveau. Va-t-il prendre des maîtresses et favorites jusqu’à la fin de sa vie ? Cette décision n’est pas des plus judicieuses pour le pays, et il le sait. Madame de Maintenon, une confidente devenue femme de Louis XIV Après mûre réflexion, Louis XIV est bien décidé. Il souhaite prendre comme seconde épouse la femme qui a su se montrer généreuse et bienveillante avec lui Madame de Maintenon. La Marquise écrit à l’Abbé Gobelin en septembre 1683 Ne m’oubliez pas devant Dieu, car j’ai grand besoin de force pour faire un bon usage de mon bonheurMadame de Maintenon à l’Abbé Gobelin – septembre 1683 A 48 ans, Madame de Maintenon devient officiellement la seconde épouse de Louis XIV. C’est véritablement un mariage d’amour. C’est la première fois qu’un Roi de France se marie par amour, et non pas pour la politique ou la stratégie. Toutefois, Madame de Maintenon n’étant pas de sang royal, elle ne peut être reine. Un mariage nocturne dans le plus grand des secrets Les noces ont lieu dans la Chapelle du Château de Versailles, dans la nuit du 9 au 10 octobre 1683. C’est un mariage des plus secrets, loin des regards indiscrets, qui a lieu. Seuls 4 témoins nécessaires assistent à l’union secrète. Des questions se posent alors Pourquoi ce mariage a lieu pendant la nuit ? Il était de coutume de se fiancer avant de se marier. Au moment de leurs épousailles, Louis XIV et Madame de Maintenon ne sont pas fiancés. Il est fort probable qu’ils se soient donc fiancés le 09 peu avant minuit, pour se marier le 10 un peu après minuit. Pourquoi le faire si secrètement ? Il était difficile pour Louis XIV d’annoncer son mariage avec une femme de petite noblesse. Même si Madame de Maintenon a gravi les échelons de la société pour s’élever au rang de Marquise, il ne faut pas oublier ses origines. Il deviendrait la risée de toute l’Europe. Ce mariage est donc resté secret. Aucune annonce officielle n’a jamais été faite. Chromotypographie de Maurice Leloir, dans Le Roy Soleil » de Gustave Toudouze, 1904. Quelle est l’influence de Mme de Maintenon sur le règne de Louis XIV ? A Versailles, le statut de la dernière épouse de Louis XIV change du tout au tout. Madame de Maintenon dispose d’un appartement donnant sur la cour royale du Château de Versailles. Son époux lui rend visite tous les jours pour s’offrir des moments de calme ou pour y travailler. La femme de Louis XIV n’a pas grande influence sur les décisions politiques du Roi et les affaires d’Etat. Elle prodiguait régulièrement des conseils et donnait sans hésiter son avis, mais celui-ci est rarement suivi par sa Majesté. Par contre, son influence dans la vie personnelle du Roi est bien présente. Louis XIV fait souvent appel à sa femme pour les remontrances auprès de ses enfants. Il ne faut pas oublier qu’elle a été la gouvernante de la plupart d’entre eux. Louis XIV appelle Madame de Maintenon, sa dernière épouse, Ma Solidité ». Cela reflète bien la position de Françoise d’Aubigné dans la vie du Souverain. On retrouve également son influence dans l’une des plus grandes créations du Roi-Soleil la maison royale d’éducation de Saint-Louis à Saint-Cyr. Implantée dans le grand parc de Versailles, cette maison accueille des jeunes filles entre sept et dix ans, filles d’officiers décédés ou ayant ruiné leur santé ou leur fortune au service de l’Etat. Jusqu’à leur vingt ans, théâtre, enseignement général et musique leur sont transmis. Plus de 3 100 jeunes filles sont éduquées dans la maison royale de Saint Cyr par Madame de Maintenon, seconde épouse du Roi Louis XIV. Perspective de la Royal maison de St Cyr du diocèze de Chartres », 1780 Madame de Maintenon recevant Louis XIV Gravure extraite de Madame de Maintenon et la maison royale de Saint-Cyr 1686-1793, par Théophile Lavallée, éditions H. Plon, Paris, 1862 Madame de Maintenon et Louis XIV, jusqu’à ce que la mort les sépare Après 32 ans de mariage Louis XIV, le Roi-Soleil, décède. A la mort de son époux le Roi bien-aimé, Madame de Maintenon se retire dans la maison royale de Saint Cyr. Elle y restera jusqu’à sa mort en 1719, à l’âge de 84 ans. Soucieuse de l’étiquette, Madame de Maintenon fait disparaître avant sa mort toutes les preuves de son mariage. Elle lègue son bien le plus précieux, le Château de Maintenon, à sa nièce Françoise Amable d’Aubigné. Le Château de Maintenon est entre de bonnes dernière épouse de Louis XIV sera tout d’abord inhumée dans l’allée de la Chapelle de la Maison Royale de Saint-Louis. Son corps trouve le repos pendant 75 ans. A partir de 1794, sa sépulture sera régulièrement exhumée, meurtrie et même parfois abandonnée. Madame de Maintenon ne trouvera le repos qu’en 1969 devant l’autel de la chapelle restauré de Saint-Cyr. Sources – Louis XIV de Pierre Gaxotte – Editions Famot – Site web du château de Versailles Pendant les premières années de sa vie d'adulte, cet homme s'est focalisé sur sa carrière, sur sa vie familiale, bref, sur sa vie maitresse, alors que cet homme doit approcher la 40aine ou la 50aine, lui permet de retrouver sa vie personnelle d'homme, sa vie d'individu propre, en dehors des contraintes sociales, du communément admis "autorisé" n'est plus "un statut" métier, époux, père mais se retrouve "homme" avec elle, grâce à cherchait à être reconnu en tant qu'homme, et non plus en tant que "métier" "époux" "père".Trouver une unité entre ce qu'il est vraiment, ce qu'il ressent, ses envies, et ce qu'il peut vivre. Hors des conventions sociales, de bienséances etc est à la recherche à présent d'un développement personnel, et non plus social. 1 Elle laisse son corps sur une chaise longue ; elle lui permet de s’abandonner coquettement aux grâces de la nonchalance éveillée, de la paresse qui semble faire quelque chose » [1]. Cette description de la femme mondaine a contribué à laisser de la femme du XVIIIe siècle une image négative elle serait oisive, dispendieuse, peu encline à s’occuper de son intérieur. Cette dénonciation de la frivolité des femmes et, au-delà, d’un mode de vie aristocratique est un thème largement éculé à cette époque. Louis-Sébastien Mercier met également en avant, dans le Tableau de Paris, deux images antagonistes de la femme [2], celle idéale d’un temps enfui où les femmes s’affairaient dans leur maison, et celle contemporaine et critique de jeunes femmes désœuvrées et légères. Cette vision diachronique des femmes s’affirme dans toute une littérature cherchant à contrôler leur comportement en les mettant en garde contre les dangers de la vie mondaine et en cherchant à les confiner à la sphère domestique. L’époque moderne est alors marquée par le développement d’une littérature prescriptive qui se démarque des ouvrages dressant depuis le Moyen Âge un portrait négatif de la femme, être dangereux à canaliser » [3]. En effet, à partir du XVIe siècle, et plus encore du milieu du XVIIe siècle, différents ouvrages cherchent à réhabiliter les femmes, à condition qu’elles se cantonnent aux rôles qui leur sont assignés. La vie conjugale est ainsi valorisée à travers le développement de manuels, rédigés par des religieux [4], visant à modeler le comportement humain et à fixer les rôles respectifs de l’homme et de la femme dans le mariage chrétien [5]. Les clercs insistent sur le rôle de la femme au foyer et développent un modèle d’épouse dévouée, obéissante, et de mère attentive. Ce genre littéraire connaît un grand succès à l’échelle européenne à partir du XVIe siècle avec l’ouvrage pionnier de Juan Luis Vivès [6] suivi, au XVIIe, de ceux de Jacques du Bosc [7] et de Robert Brathwait [8]. 2 Au XVIIIesiècle, le succès des manuels de conduite ne se dément pas. Clercs, laïques, hommes ou femmes écrivent tour à tour sur les rôles de la femme au sein du mariage et cherchent à préparer les jeunes filles à leurs futures tâches. Les ouvrages du XVIIe siècle sont constamment réédités durant le XVIIIe, maintenant une continuité dans la perception des rôles domestiques des femmes, mais ceux du XVIIIe rencontrent également de grands succès à l’échelle européenne. Ces manuels de conduite prennent des formes variées lettres, pièces de théâtre… et entendent éduquer les jeunes filles pour qu’elles deviennent des épouses et des mères idéales. Les conduct books anglais ont été étudiés dans des perspectives littéraires [9] ou historiques [10]. En revanche, si différents travaux ont abordé les manuels de conduite sous les angles principaux de l’éducation [11], du savoir-vivre [12], ou de la morale [13], aucune étude d’envergure n’a été menée sur les ouvrages de conduite en France, et plus particulièrement sur ceux apparus au XVIIIe siècle. Néanmoins, ces travaux ont été d’un apport précieux afin de constituer le corpus de textes évoquant le rôle de la femme dans l’économie domestique. Dans cette perspective, la bibliographie établie par Alain Montandon a été une première base de travail. Cependant, l’objectif est ici différent il s’agit d’analyser tout passage décrivant, à l’intérieur d’un manuel visant à modeler le comportement des jeunes filles et des jeunes femmes en vue du mariage, ou à l’intérieur de celui-ci, les aspects concrets, quotidiens de la gestion de la maison. Le corpus apparaît donc polymorphe et déployé dans un grand dix-huitième siècle [14]. Notre recherche a particulièrement bénéficié du riche fonds du site Tolbiac de la Bibliothèque Nationale de France. Au total, ce sont vingt-cinq ouvrages édités entre 1687 [15] et 1829 [16] qui ont été étudiés. 3 Il s’agit d’analyser le discours dressant le portrait de femmes véritables maîtresses de maison mais qui restent toutefois placées sous domination masculine. Il convient de comprendre, après avoir présenté les objectifs de ces textes, comment ils s’insèrent dans l’histoire des femmes, puis de voir comment leurs auteurs affirment et valorisent le rôle domestique des femmes, tout en l’utilisant pour les cantonner à la maisonnée. Si la maîtresse de maison est au plus près de la réalité quotidienne de la vie domestique, il faut toutefois interroger la nature de ce pouvoir féminin dans une maisonnée dominée par la figure masculine. Les buts pédagogie et morale à l’intention des jeunes femmes 4 Les manuels ont une visée prescriptive affirmée dès l’intitulé il s’agit de décliner des règles, des avis pour l’ensemble de la vie des filles et des femmes. Les dimensions moralisatrices et religieuses [17] sont très prégnantes. Par les incipit, préfaces, dédicaces placées au début de nombreux ouvrages, les auteurs présentent, justifient leur projet et proposent souvent une réflexion globale sur l’éducation ; ils s’adressent à un destinataire identifié le lecteur, une jeune fille, une mère, ce qui crée un pacte de lecture, une connivence avec le lecteur, et montre que l’ouvrage est le résultat d’une expérience concrète, antérieure, auprès d’une jeune fille à qui la préface est dédiée. 5 La pertinence du projet est également attestée par la qualité des auteurs qui excipent d’une expérience dans le domaine pédagogique que ce soit à la fin du XVIIe siècle, avec Fénelon et Madame de Maintenon, ou à la fin du XVIIIe avec Madame Leprince de Beaumont et la comtesse de Genlis. Pour le plus grand nombre, l’écriture est liée à leur expérience de père, de mère ou de grand-mère [18]. La qualité des auteurs issus de l’élite européenne et parfois proches de la famille royale, renforce leur autorité. Il faut également souligner que les conseils sont majoritairement le fait d’hommes. C’est aussi une image façonnée par des religieux, ce qui rappelle la volonté de l’Église de contrôler le rôle des femmes dans le mariage. Toutefois, une parole laïque et féminine apparaît également. 6 Les jeunes filles sont les destinataires privilégiés de ces ouvrages. Le mariage apparaît comme un moment charnière qui retient l’attention de tous les pédagogues il s’agit de former les jeunes filles à leurs futurs devoirs tout autant que d’annoncer ceux de la nouvelle épousée. Le discours peut également s’adresser directement aux mères de famille [19] chargées de la formation des jeunes filles notamment en ce qui concerne les tâches domestiques [20]. Les auteurs conseillent celles de l’élite, qui appartiennent à la noblesse ou qui disposent d’une fortune confortable leur permettant d’avoir une domesticité étoffée qui justifie d’autant plus les conseils. Néanmoins, des différenciations sont faites au début du XIXe siècle la comtesse de Genlis établit ainsi des distinctions entre des femmes ayant plus de 100 000 livres de rentes et les autres, tandis que dans la seconde édition du Magasin des jeunes dames, les miladies deviennent de simples demoiselles [21]. Avec la Révolution, le lectorat s’élargit et ne se limite plus aux jeunes filles des familles fortunées ou de la noblesse. 7 Les manuels entendent ainsi former une épouse idéale ; ils sont donc amples, par leurs visées comme leurs dimensions, ainsi que le soulignent leurs titres qui présentent un guide complet » [22], des règles pour toutes les circonstances de la vie » [23], et souhaitent aborder tous les domaines de la vie conjugale. De ce fait, ces ouvrages sont volumineux ils contiennent pour leur grande majorité plus de deux cents pages, denses et sans illustration. Leur lecture est toutefois facilitée par leur format ils sont exclusivement édités in octavo ou in duodecimo, ce qui les rend faciles d’utilisation au quotidien, et par une structure parfois dynamique. Celle-ci se définit par la présentation de dialogues, de jeux de questions-réponses [24] qui rappellent les catéchismes, voire de mise en scène théâtrale [25], et le plus souvent par une organisation en chapitres. Ceux-ci abordent les principaux états de la femme épouse, mère, veuve [26], ainsi que les principaux devoirs d’une femme mariée la pratique de la religion, l’éducation des enfants, les relations avec son mari, et plus généralement les mœurs. L’accent est mis sur l’emploi du temps des épouses qui est une préoccupation constante de ces ouvrages. Dans cette perspective, les chapitres consacrés exclusivement à l’économie domestique sont rares ; il faut donc glaner des informations dans les chapitres généraux sur les devoirs des femmes [27], et plus particulièrement dans ceux consacrés à leurs occupations [28]. En définitive, le rôle des femmes dans l’économie domestique occupe une place minoritaire dans ces ouvrages qui consacrent davantage de pages à les protéger de lectures dangereuses, d’une vie trop mondaine, de dépenses trop coûteuses [29]… Le rôle domestique des femmes y est néanmoins affirmé et il permet à celles-ci d’acquérir un vrai pouvoir au sein de la maisonnée. Les interrogations de l’historiographie à propos du pouvoir féminin 8 Ces manuels décrivent très précisément les multiples tâches des femmes et permettent de définir la nature du pouvoir féminin dans la maison. Celui-ci a été interprété de manière différente par l’historiographie qui a d’abord analysé les rapports entre mari et femme en insistant sur l’importance du patriarcat, puis en termes de complémentarité. 9 L’histoire des femmes est en effet tout d’abord analysée principalement comme une histoire de l’oppression et de la domination masculine le patriarcat est récusé comme source de l’inégalité des sexes. Dans la même perspective, un courant historiographique dominant dans les pays anglo-saxons jusque dans les années 1980, a développé l’idée que l’avènement du capitalisme [30], au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, associé à l’émergence des classes moyennes [31], aurait conduit à la formation de deux univers séparés [32]. Celle-ci aurait entraîné la fin d’un âge d’or [33], celui de l’économie familiale du XVIIe siècle, le déclin du rôle des femmes qui auraient perdu tout pouvoir [34], et le développement de l’oisiveté chez les aristocrates lesquelles, plus préoccupées par les loisirs et la consommation, auraient laissé leurs servantes gouverner la maison à leur place. 10 En réaction à cette tonalité victimaire » [35], la Gender History a mis en avant l’idée que les rapports entre les hommes et les femmes sont des constructions sociales qui évoluent dans le temps l’accent a été mis sur le pouvoir des femmes [36] et sur la complexité des rapports homme-femme [37]. On s’interroge également, en France, sur le déclin du travail des femmes [38] dans des travaux qui le mettent en cause [39] et développent au contraire l’idée d’une complémentarité des rôles masculins et féminins, notamment en milieu rural [40]. Les études menées sur des ouvrages du for privé [41], à l’exemple de celle d’Amanda Vickery sur des femmes de la gentry du Lancashire [42], ont également nuancé l’idée que la maison devenait l’horizon indépassable de la femme des XVIIIe et XIXe siècles. 11 Cependant, à la fin des années 1980 [43] un nouveau courant historiographique français a insisté sur les dangers de surévaluer le pouvoir des femmes et d’occulter les confrontations entre hommes et femmes par l’idée d’une complémentarité des pouvoirs. L’utilisation du concept de genre, et plus encore de son pluriel, aurait de même estompé les conflits entre hommes et femmes [44]. Il s’agit alors de voir comment la culture féminine se construit dans ce système de rapports inégalitaires [45] les femmes peuvent exercer une forme de pouvoir sans remettre frontalement [46] en cause les formes de domination masculine, en jouant des failles de celle-ci et des moindres espaces de liberté dont elles peuvent disposer [47]. En France, à l’époque moderne, la femme est un être juridiquement subordonné comme le rappelle à la fin du XVIIIe siècle le jurisconsulte Jérôme Pothier, le mari a un droit de puissance sur la personne de sa femme qui s’étend à ses biens » [48]. Toutefois, les études récentes invitent à ne pas apprécier trop négativement la situation des femmes mariées si elles sont subordonnées, elles disposent cependant d’une protection, notamment pour leur dot qui demeure inaliénable. Le mari est à la fois le garant et le protecteur des biens et des intérêts de son épouse. Veuves, les femmes disposent d’une entière capacité juridique qui leur permet de gérer leurs biens propres ou ceux de leur mari, soit comme usufruitières, soit comme héritières. Un rôle affirmé mais circonscrit à la sphère domestique 12 Si le rôle domestique des femmes est affirmé, c’est aussi un moyen pour les confiner dans la maison et ainsi mieux contrôler leur activité. Les auteurs insistent donc sur la nécessité pour les femmes de rester à la maison ce qui permet de les protéger et de les surveiller. Le modèle est biblique au début du XVIIIesiècle, Madame de Maintenon [49] rappelle les Psaumes et exhorte ainsi une ancienne demoiselle vivez dans le fond de votre maison, fuyez le monde » [50]. Ce thème se retrouve durant tout le siècle et souligne le parallèle entre les deux états que peut prendre une jeune femme, le voile ou le mariage. Cette analogie entre ces deux formes de clôtures est mise en exergue dans certains manuels qui soulignent la même indissolubilité des deux vœux [51]. Le monde est vu comme tentateur et dangereux, inconvenant, et la clôture, au couvent ou dans une maison, est un moyen d’en protéger les femmes. En effet, vivre dans le monde conduirait celles-ci à la paresse [52]. Les auteurs dénoncent celles parmi elles – notamment les aristocrates – qui s’étourdissent dans les plaisirs, les sorties, et oublient leurs devoirs, comme par exemple Madame Leprince de Beaumont qui fustige Les Dames qui veulent s’abandonner à la dissipation et aux plaisirs, [et] sont forcées de laisser tout le soin de leur maison à ce qu’on appelle à Londres des housekeepers » [53]. Cet oubli a des conséquences néfastes pour l’ensemble de la maison on voit une infinité de familles considérables, qui sont tombées en décadence » [54]. Les auteurs créent ainsi une dichotomie entre la sphère mondaine et la sphère domestique. La première est le domaine de la mollesse, de l’orgueil, condamné unanimement par les traités [55]. Manquer à ses devoirs est assimilé à un véritable péché comme le souligne l’Anglais Steele une femme qui […] néglige un devoir si essentiel, commet un véritable péché, et elle rendra compte un jour de tout le mal qu’elle aura laissé commettre dans sa famille » [56]. Au contraire, le monde domestique est le domaine de la vertu. Certains auteurs jouent sur cette confrontation et opposent deux images féminines en citant les Proverbes [57] la femme sage bâtit sa maison et […] l’insensée détruit de ses mains celle qui était déjà bâtie » [58]. Le travail domestique est alors perçu comme un rempart contre les péchés qui menacent les femmes, en premier lieu, l’oisiveté, source de tous les maux. Chaque traité contient un chapitre sur le thème de l’occupation du temps, de la lutte contre la paresse. Cette dernière est soutenue et légitimée par les traités médicaux qui mettent en cause l’inactivité comme source de maladies, notamment des vapeurs [59]. Le renforcement du corps, mis en valeur par la découverte des fibres, est alors associé au renforcement moral [60]. Pour les auteurs, confiner les femmes dans la sphère domestique en leur donnant des tâches à accomplir permet d’éviter qu’elles soient inactives elles se laisseraient aller à leurs mauvais penchants. 13 Le rôle domestique des femmes prend cependant une dimension plus positive la maisonnée est le lieu où peuvent s’exercer les vertus féminines sagesse, tempérance, travail. Ce dernier est exalté à travers l’utilisation du modèle de la femme forte de la Bible [61] qui sert de support au programme de formation des jeunes filles [62]. Plus qu’une tâche, le rôle des femmes est un devoir quasi sacré [63] ou, pour Rollin, un don divin que la Providence leur a assignée comme préciput, et pour laquelle elle leur a donné plus de talents qu’aux hommes voilà ce qui les rend véritablement dignes d’estime et de louange » [64]. On retrouve à travers cet écrit, l’inflexion des conduct books du premier XVIIIe siècle qui mettent en avant l’exaltation des vertus féminines et l’idéalisation de la féminité » [65]. Gérer les biens de la maison serait ainsi l’occasion pour elles de déployer leurs qualités en faisant preuve de sage économie » [66], bon sens et bon goût » [67]. 14 Pour cela, les manuels proposent un programme éducatif pour les jeunes filles dont la finalité principale est de faire d’elles de bonnes épouses. Si tous s’accordent à donner aux jeunes filles une teinture » de connaissances, c’est-à-dire un savoir élémentaire, en orthographe [68] ou en calcul, en relation avec les activités de la future épouse, la formation est cependant poussée à des degrés variables selon les auteurs. À ces connaissances rudimentaires, certains d’entre eux [69] ajoutent des notions juridiques et une formation pratique. Les jeunes filles doivent apprendre les règles de fonctionnement d’une maison à l’aide de leur mère qui leur confie des responsabilités au sein de leur propre maison [70]… Selon Richard Steele, cette connaissance pratique doit s’accompagner – exclusivement pour celles qui jouissent d’une grande fortune – de la connaissance des biens du ménage ; il place dans cette perspective les dames de qualité » au niveau de leur mari Elles devraient être aussi informées que leurs maris des fermes et des revenus de leurs terres ; de la situation, des baux et de l’état de leurs maisons et enfin de leurs dettes actives et passives. Par là, elles sauraient régler leur domesticité […], pourvoir à l’établissement de leurs enfants et répondre aux fins du mariage étant en aide à leurs maris dans les soins de leur famille ». Toutefois, Steele est le seul à étendre la formation de la jeune femme à un tel degré de connaissances. Pour Madame de Genlis, au contraire, le degré d’implication de l’épouse est subordonné à son niveau de fortune les femmes de plus de 100 000 livres doivent se borner à choisir des serviteurs fidèles et intelligents dont on règle les comptes le plus souvent possible » [71]. Pour les auteurs, cette formation répond à des soucis pragmatiques il s’agit d’éviter les abus, les tromperies [72] notamment de la part des intendants, mais aussi d’éclairer la jeune épouse sur le niveau de fortune de la famille afin de l’inciter à la fois à conserver le patrimoine, par une gestion rigoureuse, et éventuellement à l’étendre par de fructueuses alliances. Néanmoins, ces connaissances doivent être limitées il ne s’agit pas, notamment pour Fénelon, de rendre une femme trop savante et trop indépendante notamment en cas de veuvage [73]. Une présence au plus près de la vie domestique 15 Les différents ouvrages entendent donc contrôler l’activité des femmes en les circonscrivant à la maison, royauté domestique » [74] où peuvent s’épanouir les vertus féminines et où elles ont de lourdes tâches. 16 Les auteurs exhortent les jeunes femmes à surveiller la vie de la maison au quotidien ; quant aux comptes, ils doivent être tenus de manière régulière et précise. Les textes entrent dans les détails de la gestion de la maison, tout particulièrement la duchesse de Liancourt, qui propose une organisation très précise et raisonnée des comptes, de leur gestion et de la tenue des livres où ils figurent [75]. Elle conseille également à sa petite-fille un contrôle très méticuleux selon un calendrier très précis Une fois par semaine, rencontre avec l’intendant pour la vérification des comptes. Tous les matins, lire les feuilles de dépenses du jour précédent. Tous les quinze jours, je m’assemblerai avec nos gens d’affaire. Tout doit être noté sur un registre. Tous les jours, il faut faire les feuilles des dépenses de la veille… » [76]. Cette surveillance quotidienne est également recommandée par la comtesse de Genlis qui remarque qu’il s’agit d’une pratique répandue chez les femmes de l’aristocratie [77]. Tous les auteurs invitent les maîtresses de maison à intervenir quotidiennement, dès l’aube [78], dans la vie de la maison leurs tâches sont multiples [79] et largement décrites. Elles doivent notamment contrôler la maison à heures fixes [80]. Ce contrôle prend la forme de visite de la maisonnée, de la surveillance de l’activité des domestiques, du bon état de la maison, de l’ordre et de la propreté car, comme le rappelle la comtesse de Genlis, rien ne supplée l’œil du maître » [81]. Les mêmes conseils se retrouvent dans les conduct books anglais qui dressent le portrait d’une dame de qualité veillant sur la maisonnée telle nos conservateurs de musée aujourd’hui [82]. 17 Les manuels guident également les femmes dans la façon de diriger les domestiques et de se comporter avec eux. Ils développent tout d’abord leurs conseils la maîtresse de maison doit être juste et adresser des ordres clairs et rigoureux. L’idée de justice est particulièrement mise en exergue et se définit en priorité par le juste paiement des gages le non-paiement de ceux-ci est condamnable sur le plan religieux – les auteurs rappellent les injonctions bibliques [83] – et sur le plan judiciaire, car il est identifié au non-respect des engagements du maître [84]. Ils énoncent ensuite leurs interdictions. Ils condamnent à la fois la faveur et la trop grande proximité avec les domestiques. La première entraînerait jalousies et conflits car la maîtresse de maison, à l’instar du roi, ne peut avoir de favoris ; la seconde apparaît cruciale car elle concerne la promiscuité de femmes avec d’autres hommes vivant sous son toit la maîtresse de maison doit éviter tout comportement impudique avec ses serviteurs masculins [85] ; enfin, les deux ruineraient le crédit de la maîtresse de maison les domestiques ne peuvent devenir les confidents [86] des maîtres. L’objectif des auteurs est donc d’asseoir l’autorité des femmes mais il apparaît en filigrane une volonté plus générale de les éduquer. Mesure et tempérance sont les maîtres mots des ouvrages, qui bannissent tout excès de colère [87] ou tout caprice [88]. À travers leurs plumes, se retrouvent les principaux défauts attribués aux femmes inconstance, absence de maîtrise de soi, fragilité nerveuse. Elles doivent cependant se montrer irréprochables maître et maîtresse de maison représentent des modèles de vertu [89] pour leurs domestiques. Les ouvrages rappellent qu’il est difficile d’obliger les domestiques à faire ce que les maîtres sont incapables de s’imposer. Le contrôle de soi est donc indispensable pour une maîtresse de maison qui peut ainsi faire régner l’ordre et la discipline parmi ses domestiques ; comme le conclut Richard Steele ainsi le moyen le plus sûr d’être bien servi, c’est d’être très juste envers les domestiques » [90]. 18 Les manuels indiquent également que la maîtresse de maison doit prendre soin de ses domestiques c’est d’abord un souci matériel et quotidien [91] – leur fournir des vêtements adaptés [92], les soigner durant leurs maladies [93] – qui s’étend tout au long de leur vie. Au moment où le domestique âgé ne peut plus assurer son service, la maîtresse de maison a le devoir de lui verser une pension [94]. À travers cette réflexion, se dévoile à la fois l’évolution du discours sur les pauvres avec le passage de la charité chrétienne à la bienfaisance, et l’idée d’une laïcisation des attitudes envers la vieillesse avec une plus grande prise en compte du grand âge et de l’incapacité physique des personnes âgées, ainsi que David Troyansky [95] l’a mis en exergue. Témoins de ce changement des sensibilités, se mettent en place en Angleterre et en France des systèmes de pensions, notamment dans l’armée et la bureaucratie. 19 C’est également un devoir religieux le chef de famille doit maintenir sa maisonnée dans la religion chrétienne. La maîtresse de maison, au défaut de son mari » [96], veille sur la formation religieuse des domestiques auxquels elle apprend le catéchisme [97]. Celui-ci est indispensable à leur salut l’humilité de leur besogne leur permet de gagner le ciel. La religion est ainsi un moyen de sanctifier le travail » [98] des domestiques, et par là-même de justifier l’état ancillaire ; la religion est nécessaire au salut du domestique tout autant qu’à celui du maître comme le rappelle la duchesse de Liancourt ils doivent gagner le ciel par cette humiliation comme vous devez le gagner par le soin que vous prendrez de leur conduite » [99]. Cependant, les ouvrages insistent moins sur l’idée de salut que sur le rôle de la religion comme moyen de mieux contrôler les domestiques tout particulièrement dans la deuxième moitié du XVIIIesiècle. La religion a pour de nombreux auteurs un souci d’efficacité. Elle joue un rôle de liant social, de régulateur social » [100] ; elle apprend la soumission au maître, car l’obéissance est assimilée à un devoir sacré [101]. Cette utilisation pragmatique de la religion se retrouve notamment dans le Magasin des jeunes dames Remontons à la source du mal. Les domestiques n’ont point été aidés par les bons exemples ; ils manquent d’éducation ; ils ont peu de religion et ce qu’ils en ont est pris de travers. Si on peut remédier à ces trois choses qui leur ont manqué, on pourra espérer être bien servi » [102]. L’ancienne gouvernante met ainsi en lumière le reflux religieux de la fin du XVIIIesiècle et ses conséquences sociales. Cette réflexion s’insère dans un débat plus large sur le rôle politique et social de la religion qui agite les Lumières. Pour les théistes, le christianisme est réduit à un rôle de ciment social ; Rousseau développe de même l’idée d’une religion civile [103]. Mais des différences apparaissent pour Madame Leprince de Beaumont, la source du mal est l’absence de formation religieuse, tandis que pour Rousseau c’est l’inégalité [104], première cause de la dégradation des mœurs. 20 La maîtresse de maison a donc une charge éducative et morale envers les domestiques ; elle serait en quelque sorte pour eux une mère de substitution. Sa proximité avec eux est soulignée les domestiques sont des frères » [105], des amis malheureux » [106]. Ces expressions rappellent l’idée d’une égalité naturelle devant Dieu maître et domestique, en tant qu’êtres humains, sont égaux hors du monde, identiques face à la mort. Mais la position subalterne des domestiques est énoncée avec force Nos domestiques doivent être regardés comme des amis d’un ordre inférieur » [107]. La maîtresse est alors chargée d’atténuer cette inégalité de condition comme le souligne Fénelon, repris mot pour mot par la marquise de Lambert [108] le service s’étant établi contre l’égalité naturelle des hommes, il faut l’adoucir autant qu’on le peut » [109], ou Dupuy la Chapelle, avec une charge affective plus forte aimez vos domestiques, traitez-les avec douceur » [110]. Le domestique doit être traité avec équité, c’est-à-dire avec bonté [111], humanité et sans mépris [112], Mais les manuels, à l’instar de Rousseau de Thelonne, pour qui les domestiques sont des enfants mal instruits et mal préparés » [113], reprennent également un topos de la littérature européenne de l’époque moderne le domestique est oisif, voleur [114], menteur, incompétent [115]… Les ouvrages mettent donc en avant le rôle des maîtres dans leur formation et dans le redressement de leurs mœurs, à l’exemple de la comtesse de Genlis qui indique qu’ un travail assidu les préserve non seulement de beaucoup de vices mais encore de bavardage qui s’établit nécessairement entre des gens dépourvus d’éducation et d’idées » [116]. Les devoirs de la maîtresse de maison apparaissent donc proches de celui du père de famille et son autorité doit s’équilibrer entre bonté et fermeté, comme le montre Rousseau de Thelonne qui recommande regardez leur entrée chez vous comme une adoption dont vous devez remplir les devoirs » [117]. 21 Les femmes jouent donc un rôle très important dans la maison. L’épouse idéale ne connaît aucun repos et dispose également d’une autorité très forte sur les domestiques qu’elle doit diriger à la fois avec douceur et fermeté. À travers ces conseils, se lit une vision des rapports que doivent entretenir les maîtresses envers leurs domestiques qui sont organisés sur le modèle patriarcal. Mais même dans cette perspective, seul le père de famille détient l’autorité suprême, l’épouse ne disposant que d’une délégation de son pouvoir. Une maîtresse de maison par délégation 22 Certains auteurs insistent sur l’idée d’une organisation hiérarchisée de la maisonnée qui serait ordonnée sur le modèle patriarcal. Pour Richard Steele c’est une église en abrégé » [118] le domestique doit obéissance à son maître comme le chrétien doit obéir à Dieu. L’idée que la maison représente une société en miniature se retrouve sous la plume de Madame Leprince de Beaumont qui prend le modèle de la République romaine Votre famille représente le peuple ; votre mari et vous, en êtes les consuls perpétuels. Tout se passe en petit dans vos maisons… » [119]. Ces comparaisons définissent la maison comme un ensemble cohérent, structuré, hiérarchisé. Le foyer est une Église ou un royaume en miniature, avec un père de famille dont l’autorité est de la même nature que celle du roi ou du prêtre. La famille est pensée comme la cellule de base de la société, le fondement de l’État. D’autres insistent sur une image différente les liens tissés entre les domestiques et le maître ne seraient que des relations de travail, d’utilité. Les métaphores sont d’ordre mécanique ou prises dans le domaine de l’activité économique ; elles soulignent une originalité anglo-saxonne. Ainsi, le marquis d’Halifax [120] et le chevalier Steele utilisent l’image d’une machine pour décrire la maison, où les domestiques seraient les roues, position subalterne mais néanmoins indispensable au bon fonctionnement d’un mécanisme comme l’écrit Richard Steele Les dames doivent considérer leurs domestiques comme les roues sur lesquelles roule le gouvernement de leurs familles si ces roues s’arrêtent ou vont de travers l’ordre de la maison est renversé » [121]. Il ajoute également une comparaison agraire un laboureur ne doit point user ou épuiser une terre… de même on ne doit pas épuiser toutes les forces d’un domestique » [122]. 23 Il reste que l’autorité suprême appartient à l’homme. Le mari est, en effet, le maître véritable de la maison, la femme ne possédant qu’une autorité déléguée, un pouvoir subalterne » [123]. Pour Rollin, cette subordination est voulue par Dieu [124]. Les femmes doivent seconder leurs maris occupés à des tâches plus importantes au-dehors, ou régulièrement absents à cause de leur métier [125]. On pourrait alors parler de complémentarité de subordination [126] à l’homme les affaires publiques valorisantes, à la femme les activités domestiques, ces petits soins et menus détails » [127]. Mais cette complémentarité n’existe que dans la mesure où elle est voulue, décidée par le mari. Celui-ci reste le maître comme le rappelle Madame de Maintenon qui propose un modèle de vie pour une femme chrétienne mais à une condition ultime si je suis mariée et que mon mari me laisse maîtresse de la conduite d’une maison de campagne » [128]. Steele établit ainsi une distinction entre le chef et la maîtresse de famille l’homme donne les ordres et la femme veille à leur bonne exécution, au bon fonctionnement de la maison. De Cerfvol établit la même différenciation les femmes ne sont que les dépositaires d’une autorité qui émane de l’homme la subordination consiste moins dans l’obéissance que dans la privation du pouvoir. L’homme est le chef de la société et non la femme. Celle-ci est comme son assesseur » [129]. Cependant, l’utilisation de termes comme concerter » [130], choisir avec » [131], laisse entendre la possibilité de négociations ; Ingrid Tague relève sous la plume des auteurs de conduct books l’idée de marchandages implicites » [132] en échange d’une soumission totale à leur mari, les femmes auraient une autorité complète sur la maisonnée. Ce marchandage » semble toutefois pour elle, paradoxal, car si les femmes possèdent un pouvoir dans la maison, elles restent cependant sous la domination de leur époux qui demeure le chef de la maisonnée. L’équilibre se ferait par des redéfinitions régulières des rôles de chacun, issues de négociations peut-être opiniâtres. Dans cette perspective, de Cerfvol met en exergue le pouvoir féminin de persuasion les femmes disposeraient selon lui d’une science de concilier » qui leur permettrait de conseiller leur mari. Il va plus loin dans ces explications et soutient que les femmes possèdent une capacité naturelle de séduction qui leur permet de convaincre leurs maris sans remettre en cause leur domination. Il suggère à sa pupille d’user de cette qualité intrinsèque aux femmes vous aurez lieu d’observer dans la suite que les femmes qui ont soigneusement cultivé les inclinations douces qu’elles tiennent de la complexion de leur sexe, exercent leur empire sur nous avec plus de puissance, que leurs avis sont plus écoutés et plus suivis […] et quant au contraire, celles chez qui l’esprit de domination prévaut éprouve plus de contradictions » [133]. Les femmes auraient ainsi tout à perdre d’un conflit ouvert avec leur mari ; au contraire elles gagneraient en influence par une persuasion douce et mesurée qui ne remettrait pas en cause l’autorité masculine. De Cerfvol est cependant le seul auteur à développer un tel raisonnement. 24 Ainsi le rôle des femmes dans la maison est largement décrit dans les ouvrages abordant l’économie domestique. Il est d’abord dépeint comme un moyen de les maintenir dans la sphère privée, de les protéger d’un monde vu comme corrupteur et immoral. Mais leur fonction prend une dimension plus positive la maison est le lieu où s’affirment les vertus féminines. Les tâches assignées aux femmes sont multiples et valorisées. De la manière dont la femme exerce son pouvoir dépend le bon fonctionnement d’une maison, sa ruine, ou, au contraire, son prestige, son honorabilité. Loin de l’image de deux sphères irrémédiablement hermétiques, le rôle domestique des femmes a des implications publiques. L’autorité d’une femme dans sa maison est affirmée, cependant ce pouvoir n’est qu’une délégation le pouvoir suprême reste masculin. Si la femme est maîtresse de maison, l’homme reste le chef de famille [134]. Elle ne possède un pouvoir que dans la mesure où celui-ci lui a été confié par son mari. L’étendue de celui-ci est donc un enjeu de négociations entre homme et femme. Sous-entendus par les ouvrages normatifs, ces espaces de liberté et d’autonomie, âprement discutés, seraient à saisir à travers l’étude d’ouvrages du for privé [135], ou l’analyse d’actes notariés [136]. L’étude des différentes étapes de la vie des femmes est également à considérer le veuvage est aussi un moyen d’acquérir une indépendance certaine. De même, les demandes de séparation de corps démontrent la capacité des femmes à se défendre, et à ne pas accepter toutes les situations ; elles leur permettent d’acquérir une plus grande autonomie. L’étude des femmes séparées, dont la fréquence apparaît dans la haute noblesse, permettrait également de mesurer les marges d’autonomie de ces femmes seules. Enfin, différents domaines voient l’émergence d’une conscience féminine » [137] l’implication religieuse des femmes, notamment à travers l’exercice de la bienfaisance, et, dans une autre perspective, le développement des salons sont des domaines qui leur donnent la possibilité de faire entendre leur voix au-delà des questions domestiques. Notes [1] Edmond et Jules de Goncourt, La femme au XVIIIe siècle, Paris, 1864, réed. 1986, t. 1, chap. 3 la dissipation du monde ». [2] Louis-Sébastien Mercier, Tableau de Paris, Amsterdam, 1783-1788, 6 vol., chap. 54 nos grands-mères » et chap. 28 jeunes mariées ». [3] Scarlett Beauvalet-Boutouyrie, Les femmes à l’époque moderne, XVIe-XVIIIe siècles, Paris, Belin, 2003, p. 7. [4] Jean Cordier, La famille sainte, Lyon, J. Radisson, 1644 réed. 1651 ; Jean Girard de Villethierry, La vie des gens mariés, Paris, Damoneville, 1738 [approb. 1694] ; Claude Maillard, Le bon mariage, Douai, J Serrurier, 1643. [5] Agnès Walch, La spiritualité conjugale dans le catholicisme français XVIe-XXe siècles, Paris, Éditions du Cerf, 2002. [6] Juan Luis Vivès, L’institution d’une femme chrétienne, Bruges, 1523, Paris, Dumoulin, 1893, 39 p. [7] Jacques Du Bosc, L’honnête femme, Paris, Billaine, 1632. [8] Robert Brathwait, The English gentlewoman, London, 1631, reed. New York, Da Capo Press, 1970, 221 p. [9] Gertrude E. Noyes, Bibliography of courtesy and conduct books in 17th England, New Haven, Tutle, Morehouse and Taylor and co, 1937 ; Nancy Amstrong, Desire And Domestic Fiction A Political History Of The Novel, Oxford, Oxford University Press, 1987 ; N. Amstrong, Leonard Tennenhouse éd., The ideology of conduct. Essays on literature and the History of sexuality, London, Methuen, 1987 ; Vivien Jones éd., Women in the Eighteenth Century Constructions of Femininity, London, New York, Routledge, 1994 ; Andrea Baron, Les manuels de conduite à l’usage des femmes en Angleterre au XVIIIe siècle, thèse de doctorat d’anglais, multigr., Université de Bordeaux III, 2005. [10] Fenela Ann Childs, Prescriptions for manners in English courtesy literature, 1690-1760, and their social implications, Ph. D, multigr., University of Oxford, 1984. [11] Paul Rousselot, La pédagogie féminine extraite des principaux écrivains qui ont traité de l’éducation des femmes depuis le XVIIIe siècle, Paris, C. Delagrave, 1881, réed. 1887 ; Georges Snyders, La pédagogie en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, PUF, 1964 ; Martine Sonnet, L’Éducation des filles au temps des Lumières, Paris, Éditions du Cerf, 1987 ; Chantal Grell et Arnaud Ramière de Fortanier dir., L’éducation des jeunes filles nobles XVIIe-XVIIIe siècles, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2004. [12] Alain Montandon dir., Bibliographie des traités de savoir-vivre en Europe, Clermont-Ferrand, Association des publications de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Clermont-Ferrand, 1995. [13] S. Beauvalet-Boutouyrie, Les moralistes et la femme sous l’Ancien Régime », Bulletin de la BNF, 2004, n° 17, p. 53-56. [14] Des ouvrages publiés une première fois au XVIIesiècle, mais réédités au XVIIIe, ont été inclus ainsi que des manuels du XIXe siècle qui sont la synthèse et l’expression d’une expérience nourrie au XVIIIe. [15] Fénelon, De l’éducation chrétienne des filles, Paris, P. Aubouin, 1687, 281 p. [16] Comtesse de Genlis, Manuel de la jeune femme, guide complet de la maîtresse de maison, Paris, Ch. Béchet, 1829, 356 p. [17] Père Gilles-François Beauvais, Lettres morales et chrétiennes d’une dame à sa fille, Paris, Cl. Hérissant, 1758, 155 p. ; Desmothes, Le devoir des filles chrétiennes, Paris, 1719, 3e éd. 1848, Paris, P. A. Lemercier, 205 p. ; Dupuy La Chapelle, Instruction d’un père à sa fille tirée de l’écriture sainte sur les plus importants sujets concernant la religion, les mœurs et la manière de se conduire dans le monde, Paris, N. Le Clerc, 1707, 432 p. ; Fénelon, op. cit. [18] Dupuy La Chapelle, op. cit. ; Marquis d’Halifax, Avis d’un père à sa fille, Londres 1688, traduction française, Paris, 1756, 202 p. ; John Grégory, Instructions d’un père à ses filles, Paris, 1775, 88 p. ; Marquise de Lambert, Avis ou leçon d’une mère à sa fille, Paris, E. Ganneau, 1728, 207 p., [19] Melle d’Espinassy, Essai sur l’éducation des demoiselles, Paris, B. Hochereau, 1764, 84 p. [20] Diderot et d’Alembert, Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, par une société de gens de lettres, 1751-1780, article femme ». [21] Madame Leprince de Beaumont, L’encyclopédie des jeunes demoiselles ou choix de conversations instructives sur différents sujets, 2e édition avec les changements nécessités par les révolutions survenues dans les différents gouvernements depuis la première publication de cet ouvrage, Paris, 1822. [22] Comtesse de Genlis, Manuel… , op. cit. [23] Richard Steele, Bibliothèque des dames contenant des règles générales pour leur conduite, dans toutes les circonstances de la vie, Amsterdam, François Changuion, 1719, réed. 1723, 2 vol. [24] Abbé Salas, De l’éducation chrétienne des filles, ouvrage distribué en plusieurs instructions sur les sujets les plus importants de la morale, Paris, André Delaguette, 1721, 354 p. [25] Madame Leprince de Beaumont, Le magasin des jeunes dames qui entrent dans le monde et se marient, Lyon, 1764, 4 vol. [26] Steele, op. cit., Article I, de l’occupation, Art. II, du devoir des femmes, Art. III, du devoir des mères, Art. IV, du devoir des veuves, Art. V, du devoir des maîtresses de famille. [27] Fénelon, op. cit. [28] Salas, op. cit., Instructions 8 Sur l’usage du temps ». [29] Woldemar-Victoire Michel de Grilleau Rousseau de Thelonne pseud. [Pierre-Louis Roederer], Conseils d’une mère à ses filles, Paris, Roederer et Corancey, 1789, 96 p., chap. X De la parure ». [30] Alice Clark, Working life of women in the seventeenth century, Londres, Routledge and Sons, 1919 ; nouv. éd. Londres et New York, Routledge, 1992. [31] Mary P. Ryan, Cradle of the middle class the family in Oneida County, New York, 1790-1865, Cambridge et New York, Cambridge University Press, 1981. [32] Nancy Cott, The bonds of womanhood woman’s sphere » in New England, 1780-1835, New Haven, Yale University Press, 1977. [33] Susan D. Amussen, An ordered society gender and class in early modern England, New York, Columbia University Press, 1988. [34] Lawrence Stone, The family sex and marriage in England 1500-1800, futility of a woman’s life, London, Weidenfeld and Nicolson, 1977. [35] Yannick Ripa, Entre doutes et engagements un arrêt sur image à partir de l’histoire des femmes, du patriarcat au genre », Clio, 2005, n° 21 Maternités », p. 281-296. [36] Danielle Haase-Dubosc et Éliane Viennot, Femmes et pouvoirs sous l’Ancien Régime, Paris-Marseille, Rivages, 1991. [37] Cécile Dauphin et alii, Culture et pouvoir des femmes, essai d’historiographie », Annales ESC, 1986, n° 2, p. 271-295. [38] Olwen Hufton, Women in history early modern Europe », Past and Present, 101, 1983, p. 125-140. [39] Linda Kerber, Separate sphere, female worlds, woman’s place the rhetoric of women’s history », Journal of American History, 1988, p. 9-39 ; Dena Goodman, Public sphere and private life toward a synthesis of current historical approaches to the old regime », History and Theory, 31, 1992, p. 1-20 ; Amanda Vickery, Golden Age to separate spheres ? A review of the categories and chronology of English Women’s History », Historical Journal, 36, 1993, p. 383-414 ; Lawrence E. Klein, Gender and the public/ private distinction in the 18th century some questions about evidence and analytic procedure », 18th century studies, 29, n° 1, 1995, p. 97-109. [40] Yvonne Verdier, Façons de dire, façons de faire la laveuse, la couturière, la cuisinière, Paris, Gallimard, 1979 ; Martine Segalen, Mari et femme dans la société paysanne, Paris, Flammarion, 1980. [41] Ingrid H. Tague, Women of quality, accepting and contesting ideals of femininity in England, 1690- 1760, Rochester, The Boydrell Press, 2002. [42] A. Vickery, The gentleman’s daughter, women’s lives in Georgian England, London, Yale University Press, 1998. [43] C. Dauphin et alii, op. cit. [44] Myriam Cottias et alii, Entre doutes et engagements un arrêt sur image à partir de l’histoire des femmes, deuxième partie », Clio, Histoire, femmes et sociétés, n° 21 Maternités », 2005, p. 281-296. [45] Bonnie Smith, Ladies of the leisure class, the bourgeoises of Northern France in the nineteenth century, Princeton, Princeton University Press, 1981. [46] Arlette Farge, Entre doutes et engagements un arrêt sur image à partir de l’histoire des femmes, première partie, consentement », Clio, Histoire, femmes et sociétés, n° 20 Armées », 2004. [47] I. Tague, op. cit., p. 6-7 ; S. Beauvalet-Boutouyrie, Les femmes… , op. cit., p. 5. [48] Jérôme Pothier, Traité de la puissance du mari sur la personne et les biens de la femme, 1761, Œuvres, Paris, Éditions Bugnet, 1861, p. 1 [49] Madame de Maintenon, Conseils aux demoiselles, Instructions à la classe jaune », 1700. [50] Ibid., Lettre à madame de La Lande », 1695. [51] De Cerfvol, La gamologie ou de l’éducation des jeunes filles destinées au mariage, Paris, Veuve Duchesne, 1772, deux parties en un vol., 215 et 232 p., Lettre 2. [52] Desmothes, op. cit., p. 136. [53] Leprince de Beaumont, Magasin… , op. cit., t. 2, p. 154. [54] Steele, op. cit., p. 374. [55] Halifax, op. cit., p. 96. [56] Steele, op. cit., p. 380. [57] Livre des proverbes, 14, 1. [58] Salas, op. cit., p. 224 ; Rollin, Traité des études, 1728, nouvelle éd. revue par M. Letronne, Paris, Firmin Didot, 1863, 3 vol., t. 1, p. 105. [59] Pressavin, Nouveau traité des vapeurs ou traité des maladies des nerfs dans lequel on développe les vrais principes des vapeurs, Lyon, Réguillat, 1770, 351 p. ; P. Roussel, Système physique et moral de la femme, Paris, Vincent, 1775, 380 p. [60] Tissot, De la santé des gens de lettres suivi de l’essai sur la santé des gens du monde, 1775, Paris, J Techener, 1849, 364 p., Essai sur la santé des gens du monde, p. 285-364. [61] Livre des proverbes, 31, 27. [62] Abbé Salas, op. cit., p. 226-227. [63] Steele, op. cit., Art. V, p. 373. [64] Rollin, op. cit., p. 103. [65] F. Childs, op. cit., citée par A. Vickery, op. cit., p. 31. [66] Rollin, op. cit., p. 104 ; Salas, op. cit., p. 224. [67] Grégory, op. cit., p. 40. [68] Steele, op. cit., p. 17. [69] Fénelon, op. cit., p. 231 ; d’Espinassy, op. cit., p. 65 ; Steele, op. cit., p. 19. [70] Salas, op. cit., p. 224 ; Rollin, op. cit., p. 106 ; Fénelon, op. cit., p. 213. [71] De Genlis, Manuel… , op. cit., p. 12. [72] Fénelon, op. cit., p. 235. [73] Ibid., p. 234. [74] Mercier, Tableau de Paris, chap. 54, nos grands-mères ». [75] Duchesse de Liancourt, Règlement donné par une dame de haute qualité à Melle de la Roche-Guyon sa petite-fille, pour sa conduite et pour celle de sa maison, Paris, A. Leguerrier, 1698, 234 p., art. 5 pour les affaires qui regardent l’économie du dedans de la maison, p. 140. [76] Ibid., p. 193. [77] De Genlis, Dictionnaire… , op. cit., art. ménagère bonne ». [78] Abbé Salas, op. cit., p. 226 ; Duchesse de Liancourt, op. cit., p. 160 ; Madame de Maintenon, Plan de vie d’une femme chrétienne. [79] Fénelon, op. cit., chap. XI, p. 206. [80] De Genlis, Manuel… , op. cit., p. 20 ; Halifax, op. cit., p. 101. [81] De Genlis, Manuel… , op. cit., p. 18. [82] A. Vickery, op. cit., p. 147. [83] Genèse, 29, 15 Alors Laban dit à Jacob Parce que tu es mon parent, vas-tu me servir pour rien ? Indique-moi quel doit être ton salaire » ; Tobie, 4, 14 Ne garde pas jusqu’au lendemain, le salaire d’un travailleur, mais paie-le tout de suite ». [84] Salas, op. cit., p. 386. [85] De Liancourt, op. cit., p. 44. [86] Grégory, op. cit., p. 55. [87] Halifax, op. cit., p. 100. [88] Steele, op. cit., p. 382. [89] Steele, op. cit., p. 419 ; Lambert, op. cit., p. 131. [90] Steele, op. cit., p. 392. [91] De Liancourt, op. cit., p. 108. [92] Salas, op. cit., p. 227 ; Steele, op. cit., p. 386. [93] De Liancourt, op. cit., p. 108. [94] De Genlis, Manuel… , op. cit., p. 17. [95] David Troyansky, Miroirs de la vieillesse en France au siècle des Lumières, New York, Cornell University Press, 1989, trad. française, Paris, Eshel, 1992. [96] Steele, op. cit., p. 412. [97] Leprince de Beaumont, Magasin… , op. cit., t. 2, p. 159. [98] Steele, op. cit., p. 375. [99] De Liancourt, op. cit., p. 110. [100] Claude Petitfrère, L’œil du Maître, Maîtres et serviteurs de l’époque classique au romantisme, Bruxelles, Complexe, 1986, p. 223. [101] De Genlis, Dictionnaire… , op. cit., article domestique ». [102] Leprince de Beaumont, Magasin… , op. cit., t. 2, p. 156. [103] Jean-Jacques Rousseau, Le contrat social, Amsterdam, 1762, réed. 1914, Paris, Garnier frères, 507 p., Livre 4, chap. 8, De la religion civile ». [104] Rousseau, Discours sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes, Amsterdam, 1755, réed. 2006, Paris, Gallimard. [105] Dupuy La Chapelle, op. cit., p. 236. [106] De Lambert, op. cit., p. 147. [107] Halifax, op. cit., p. 98. [108] De Lambert, op. cit., p. 131. [109] Fénelon, op. cit., p. 226. [110] Dupuy la Chapelle, op. cit., p. 236. [111] De Lambert, op. cit., p. 130. [112] Abbé Salas, op. cit., p. 396. [113] Rousseau de Thelonne, op. cit., p. 39. [114] Steele, op. cit., p. 374. [115] Leprince de Beaumont, Magasin… , op. cit., t. 2, p. 154. [116] De Genlis, Manuel… , op. cit., p. 14. [117] Rousseau de Thelonne, op. cit., p. 39. [118] Steele, op. cit., p. 375. [119] Leprince de Beaumont, Magasin… , op. cit., t. 2, p. 154. [120] Halifax, op. cit., p. 98. [121] Steele, op. cit., p. 408. [122] Ibid., p. 398. [123] Ibid., p. 373. [124] Genèse, 2, 18. [125] D’Espinassy, op. cit., p. 66. [126] Lucienne Roubin, Chambrettes des Provençaux, une maison des hommes en Méditerranée septentrionale, Paris, Plon, 1970. [127] Rollin, op. cit., p. 103. [128] Madame de Maintenon, op. cit., Plan de vie d’une femme chrétienne, 1712. [129] De Cerfvol, op. cit., t. 2, p. 33. [130] Leprince de Beaumont, Magasin… , op. cit., t. 2, p. 153. [131] De Liancourt, op. cit., p. 140. [132] I. Tague, op. cit., p. 65. [133] De Cerfvol, op. cit., t. 2, p. 35. [134] Il faut attendre la loi du 4 juin 1970 pour que le terme de chef de famille soit supprimé et remplacé par la notion d’autorité parentale conjointe au sein du mariage. [135] A. Vickery, op. cit. [136] Virginie Lemonnier-Lesage, Le statut de la femme mariée dans la Normandie coutumière droit et pratiques, thèse d’Histoire, multigr., Université de Rouen, 2000. [137] S. Beauvalet-Boutouyrie, op. cit., chap. 5 Femmes actrices l’émergence d’une conscience féminine », p. 191-236. Elles nous donnent toutes les deux autant d’affection, ont chacune leur place dans notre vie et on tient autant à l’une qu’à l’autre. Il faut toutefois se rendre à l’évidence, on ne pourra pas vivre ainsi indéfiniment. Le choix entre sa femme ou sa maîtresse est inévitable. Choisir entre sa femme et sa maîtresse Une amante est souvent la solution pour laquelle la majorité des hommes optent au bout de quelques années de vie commune afin de tester à nouveau leurs capacités de séduction. L’amante devient alors généralement plus proche que l’épouse et le choix entre les deux devient vite une fatalité. Ce choix n’est pourtant pas facile car les années de vie commune entre deux personnes tissent des liens qui ne se résument pas qu’à l’amour ou à la confiance. Les époux vivent une complicité que seules plusieurs années de relation ont permis de construire. Quitter ce bien-être conjugal pour se lancer dans une nouvelle aventure peut paraître risqué. L’amante étant souvent câline du fait que l’amour caché est plus propice à l’épanouissement des sentiments, on ne connaît pas toujours ses réels sentiments. Beaucoup d’hommes ont regretté l’abandon de leur foyer et sont revenus au bout de quelques mois. Réfléchissez donc à ce que vous allez perdre en quittant votre femme mais surtout, pensez à cet inconnu qui vous attend. Imaginez le temps que vous passerez avec votre amante pour que votre relation soit comme celle que vous le désirez. Il n’est pas facile en effet de passer du statut d’amant à celui d’homme libre. En plus de celle de votre femme, vous perdrez l’estime de beaucoup de vos proches et si vous êtes prêt à endurer les quelques mois de galère que votre choix vous fera subir, osez le grand plongeon ! Il n’est plus nécessaire de vous dire ce qui est bien et ce qui est mal, mais dans tous les cas, réfléchissez à ce que sera votre avenir. Cela vous ouvrira certainement les yeux et orientera votre choix. 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choisir entre sa femme et sa maitresse